Interview de Jean-James Garreau

Jean-James_Garreau

Définition de la Transition Alimentaire, avec Jean-James Garreau, Docteur en biologie, chercheur en écologie humaine à l’Université de Bordeaux. Dans cette entrevue, M. Garreau nous livre une approche scientifique du système alimentaire et des différents impacts que nos habitudes alimentaires peuvent avoir à la fois sur notre planète, notre économie et notre santé.

  • Pouvez-vous nous définir la Transition Alimentaire?

Dans le concept de Transition Alimentaire on retrouve deux mots:

Transition qui indique un mouvement, une dynamique et le mot Alimentaire, qui touche nos habitudes alimentaires.
On peut considérer la Transition Alimentaire comme la Transition Énergétique c’est à dire des changements des habitudes de consommation vers des habitudes différentes. C’est à dire transformer nos habitudes de pays alimentaires développés (80% de protéines animales et 20% de protéines végétales): c’est inverser ce rapport pour aller vers d’autres bienfaits sur notre système alimentaire.

  • D’accord pour ce concept, mais est-ce une réponse à un constat que vous avez fait en amont?

Tout à fait, nous sommes aujourd’hui 7 milliards d’habitants sur notre planète. 2 milliards souffrent de malnutrition: aussi bien par excès que par défaut, des gens meurent de faim et d’autres sont trop obèses et en meurent aussi. Ce constat amène à s’interroger sur nos habitudes alimentaires de pays développés qui ont également une incidence sur tous les pays en voie de développement. Donc, à partir de là, nous devons en tant que habitants de pays riches changer nos habitudes alimentaires ce qui aura un impact sur l’ensemble de la population mondiale

  • Quelles sont les conséquences de cette surconsommation?

Les conséquences de ce constat de surconsommation de protéines animales, de calories d’origine animales, sont à plusieurs niveaux :

Le Système Alimentaire

Les impacts du système alimentaire, sont à la fois économiques, sanitaires et environnementaux.

Les impacts portent aussi bien sur la population (conséquences sanitaires), que sur l’économie, et sur l’environnement. Notre alimentation repose sur un système alimentaire: il touche aussi bien la production, la transformation, la distribution et la consommation. En tant que consommateurs, nous avons aussi notre rôle à jouer dans nos habitudes, qui donc peuvent influer sur l’économie, l’environnement, et la santé.

  • En quoi ce mode de consommation n’est pas durable, quelles sont les ressources concernées?

Des études montrent que si toute la population mondiale avait les habitudes alimentaires des pays développés, il faudrait avoir les ressources de deux planètes pour pouvoir nourrir toute cette population. Les protéines animales demandent une surconsommation d’énergie pour les produire font que ce n’est pas une alimentation d’avenir.

  • Par exemple:

Avec un boeuf on peut faire jusqu’à 1500 repas, la nourriture qui sert à nourrir ce boeuf peut en fournir 18 000. Ces rapports de grandeur font qu’on se trouve dans un système pas soutenable. Un autre exemple avec les oeufs : en France nous consommons environ 220 oeufs/an/personne, en Chine ils consomment presque 110 oeuf/an/personne.
Si la Chine passe à une même consommation d’oeuf que nous il faudrait l’équivalent de toute la production de céréales de l’Australie pour nourrir les poules qui produisent ces oeufs.

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